La Pleine conscience : méditation, méditation de pleine conscience, bienfaits, attitudes

La méditation

Le corps a ses problèmes et des moyens pour les résoudre, l’esprit aussi. Méditer c’est entraîner l’esprit pour l’aider à développer la force et les habiletés dont il a besoin pour résoudre ses problèmes. Sans chercher à  les résoudre. C’est un peu comme pour marcher : l’enfant s’entraîne d’abord à tenir debout avec force et habileté. Puis il marche avec aisance et habileté.

Le problème essentiel de l’esprit est celui du stress et de la souffrance qu’il s’inflige à partir de ses propres pensées et comportements répétitifs, conditionnés, préoccupés, aliénants parfois : ruminations, interprétations, croyances, émotions difficiles, réactions automatiques, … Une longue liste d’obstacles au bonheur qui nous est relativement familière.

Pour voir tout cela agir en nous, on s’entraîne à établir en soi-même un poste  d’observation, comme un camp de base en montagne, avec lequel on a un bon contact et où retrouver sa juste mesure – ce que signifie la racine Med en sanskrit comme dans méditation, médecine.

Là, nous apprenons à nous connaître vraiment, à ne plus être dupe de notre mental, à déceler ce qui nous fait souffrir inutilement, ce qui semble habile ou pas pour un vrai bonheur, une vraie paix de l’esprit .

Méditer consiste donc s’offrir des temps de pleine présence à soi, qui font contrepoids avec l’attirance puissante qu’exercent sur nous le monde extérieur et ses pressions multiples.  Ancré en nous-même, dans un espace de présence consciente à un élément que nous choisissons comme objet de notre méditation ( sensations, impressions, pensées, émotions, processus de pensées, de réactions, réflexion, mot répétitif ou mantra, …), nous retrouvons notre juste mesure.

Tout ceci se fait sans pré-méditations, vraiment… c’est-à-dire sans attentes, sans objectifs ni résultats à atteindre. C’est à cela que la méditation sera  profondément bienfaisante.

Et il n’y a rien de magique : simplement, entraîner notre attention à s’établir sur l’objet de méditation choisi et quand elle s’échappe, l’y ramener et recommencer … avec douceur et bienveillance. Simple ? oui, mais pas facile ! Pour autant, on n’a jamais vu un enfant arrêter l’apprentissage de la marche et dire : continuez sans moi, c’est pas mon truc !

La méditation de Pleine conscience

L’expression pleine conscience ou mindfulness désigne à la fois :

  • l’une des formes de méditation avec des outils spécifiques,
  • un processus de présence attentive et de relation attentionnée à toute expérience
  • et l’état intérieur qui en résulte.

Nous retiendrons ici qu’elle est un entraînement laïc de l’esprit, fondé sur l’attention et l’expérience. Issue des enseignements bouddhistes – dont le Dalaï-Lama dit qu’ « ils  ne sont pas une religion mais une science de l’esprit » -, Jon Kabat-Zinn la définit comme étant

 la présence consciente qui émerge naturellement du fait de poser son attention, délibérément, sans jugement, instant après instant, sur l’expérience qui se déploie.

Cette expérience vécue est faite de perceptions, de sensations corporelles, d’impressions agréables ou pas, d’impulsions, d’émotions, de pensées et de leur processus d’une part, et de relations et de réactions d’autre part.

Les bienfaits de la pleine conscience

Cette observation attentive à l’expérience au moment où elle se déploie a le pouvoir de nous ramener à l’instant présent, sa réalité, sa simplicité, un moment à la fois. Le passé est passé…  le futur n’est pas encore là… Prendre soin de l’instant est une grande ressource interne qui éloigne des ruminations et suppositions peu habiles voire négatives et qui prend soin du futur…

La meilleure manière de prendre soin du futur est
de prendre soin du présent, instant après instant, dira Jon Kabat Zinn

Elle permet également de voir clairement les mécanismes physiques, mentaux et émotionnels en lien avec le stress et les émotions et de découvrir cet espace minuscule entre stimulus et réponse, qui est en fait un espace de choix, de liberté de choisir notre attitude. Elle soutient par voie de conséquence les capacités  de « transformation et de guérison et de croissance«  comme le dit Jon Kabat-Zinn.

Entre le stimulus et la réponse il y a un espace … Dans cet espace est notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse résident notre croissance et notre liberté. – Victor Frankl

Fondée sur l’expérience qui se déploie, la pleine conscience est en direct avec la vie quotidienne, ses défis et ses joies, qu’elle permet d’aborder avec un regard plus ouvert, plus accueillant, plus lucide, plus créatif aussi.

Fondée sur l’attention – ce beau mot français qui signifie à la fois le fait d’être attentif, attentionné et vigilant – elle permet de développer peu à peu ce même regard bienveillant sur soi, sur les choses et les situations.

Enfin, elle révèle peu à peu l’immense ressource de présence inconditionnelle à soi, aux autres, à la vie telle qu’elle est, dans une lente érosion des barrières de la peur qui nous emprisonne parfois. C’est en ce sens qu’elle est à mes yeux un véritable et magnifique chemin intérieur.

 La pleine conscience ? Une histoire d’amour avec la vie. Jon Kabat-Zinn, Paris 2015

7 attitudes qui favorisent la Pleine conscience

Ces attitudes soutiennent la Pleine conscience en même temps que celle-ci les cultive. Elles sont constitutives de l’axe autour duquel s’articule toute la pratique méditative et possiblement le travail d’une vie entière…

le non-jugement,
la patience,
l’esprit du débutant,
la confiance,
le non-effort,
l’acceptation,
le lâcher-prise.